La croissance urbaine des pays africains est tellement forte que les enjeux patrimoniaux ne sont pas perçus comme prioritaires et, bien souvent, ont même du mal à exister dans le débat public.

Pourtant, la connaissance de son histoire et la préservation de son patrimoine sont essentiels pour penser l’avenir. Le problème, c’est que tout est urgent et qu’il faut bien loger et transporter une population urbaine toujours plus nombreuse.

Non seulement tout est urgent, mais les budgets ne sont pas illimités et il faut bien prioriser les projets. Dès lors, que pèse la préservation d’un quartier historique face à un hôpital ou une maternité ? La bonne nouvelle, c’est que, même si c’est encore insuffisant, les questions de patrimoine sont de plus en plus souvent abordées. De nombreuses initiatives, publiques comme privées d’ailleurs, en témoignent. Par exemple, le quartier historique de Saint Louis au Sénégal voit ses maisons restaurées par leurs propriétaires, et à Lomé, le magnifique Palais des gouverneurs a été entièrement réhabilité et abrite aujourd’hui un centre d’art.

Ce sont bien sûr des exemples à suivre, mais le véritable modèle est sans aucun doute le Maroc, qui a admirablement su structurellement concilier tradition et modernité, patrimoine et innovation. Résultat, 17 millions de touristes en 2024 et un secteur crucial pour l’économie marocaine. Comme quoi, s’occuper du passé peut aussi aider les villes à se développer.